mercredi 17 septembre 2008

Journée noire pour les marchés financiers

La faillite de la banque d'affaires Lehman-Brothers a fait chuter de nombreuses places financières mardi. Dans le sillage des bourses européennes, en baisse dès lundi, les principaux marchés asiatiques ont plongé dès l'ouverture.

Les Echos considérent qu'il s'agit d'un des « week-ends les plus dramatiques de l'histoire de la finance américaine ». Dans un contexte économique difficile et en pleine crise du dollar, Lehman Brothers, la quatrième banque américaine, s'est déclaré en faillite, faute de repreneurs.

Avec 639 milliards d'euros d'actifs, Lehman Brothers représentait pas moins de 4,6% du produit intérieur brut américain. Ses clients sont essentiellement des banques et investisseurs, d'où le risque d'effet domino sur les places financières. Selon Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre français d'étude et de recherche en économie internationale (Cepii), « en cas de liquidation, il y aura un impact sur tous les marchés. »

La situation de l'assureur AIG n'est guère plus rassurante. Le titre a chuté de 60% lundi et plus de 20% mardi, après avoir perdu 90% de sa valeur depuis janvier. AIG espère obtenir 40 milliards de dollars de prêt relais et pourrait vendre des branches d'activité pour éviter le pire. Si la société déclarait à son tour faillite, elle laisserait 74 millions de personne à travers le monde sans assurance. Même inquiétude pour Washington Mutual, la plus grosse caisse d'épargne américaine. Son action a chuté de 27% lundi.

Un conseil, attendre et ne pas vendre

Le Wall Street Journal compare ces événements à un ouragan « de catégorie cinq qui va tester les digues du système financier [américain] ». Les premiers effets ne se sont pas faits attendre. Dès lundi, les bourses européennes ont lourdement chuté. Mardi, le marché asiatique leur a emboité le pas. Moscou a même suspendu ses deux principales cotations pendant une heure, le Micex finissant à -17,45% alors que le RTS n'a pas rouvert après une baisse de 11,5%.

Afin d'éviter de plonger à leur tour, les dix plus grandes banques mondiales ont créé un fonds de secours de 70 milliards de dollars. Les gouvernements n'ont pas trouvé de remède miracle, mais tous ont décidé d'injecter plus de liquidités sur le marché interbancaire. Un outil complexe qui devrait permettre aux banques de contracter de nouveaux emprunts, stabiliser leurs taux d'intérêts et ainsi accorder plus de crédits à leurs clients.

Insuffisant aux yeux de certains spécialistes qui évoquent déjà un remake du krach de 1929. Un quart des ouvriers métallurgistes américains avaient alors été licenciés en trois ans, le chomage avait été multiplié par dix en quatre ans .

Le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, essaie de ne pas céder à la panique : « Une des différences avec 1929 est que nous disposons d'instruments qui ne permettent pas d'éviter la crise mais d'en atténuer les conséquences et d'en corriger les effets. »

Pour les ménages, ces conséquences pourraient être désastreuses. Les taux des crédits ne cessent déjà d'augmenter. Les entreprises touchées limitent voire gèlent les investissements, les salaires, et l'embauche, quand elles ne suppriment pas des emplois. Si la consommation baisse, le taux de chômage pourrait grimper.

La chute libre des cours en bourse menace également les portefeuilles des actionnaires. Pour les petits porteurs, un conseil : ne pas vendre sauf besoin immédiat de liquidités.

Laurent MAURICE

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