mercredi 17 septembre 2008

Et la capitale Européenne de la culture 2013 est...

Marseille. La ville sélectionnée à l'unanimité pour porter le titre de ville européenne de la culture 2013 aura finalement séduit tant par l'aspect politique de son rayonnement méditerranéen que par sa candidature modeste, loin de l'extravagance et de la folie des grandeurs. Elle partagera cette distinction avec la slovaque Kosice.

Capitale européenne de la culture, gagner bien plus qu'un titre
Cette nomination vise, selon les termes de ses concepteurs "au rapprochement des peuples européens et à l’affirmation du rôle central des villes dans les domaines artistiques et culturels." Parmi les quatre engagées dans la course (Lyon, Toulouse et Bordeaux) depuis près de quatre ans, elle est peut-être celle qui avait le plus besoin de ce coup de pouce dont avait bénéficié Lille en 2004, pour rebondir et avancer.

Il faut dire que la course folle au titre tant convoité a de quoi mobiliser : l'emporter c'est aussi empocher un pactole chiffré en millions d'euros et s'offrir une notorieté internationale. Bref, un beau coup de pub qui, en tablant sur les retombées de Lille 2004, laisse présager quelque 9 millions de visiteurs et les 72 millions de recettes qui vont avec. Sans compter le développement économique et les efforts dédiés à l'infrastructure ainsi propulsés.

Sur la route de la gloire, rien n'est acquis.
Et si la belle méditerranéenne a décroché le précieux sésame, tout le défi réside désormais dans sa capacité a profiter de ce tremplin. Elle devra alors s'engager à optimiser l'équipement et ainsi saisir l'opportunité de dynamiser la cité. Une belle occasion d'élargrir son champ de radiation, et appliquer avec créativité son projet jugé cependant "sage", "sérieux" et "raisonnable" par le jury.

Avec elle, deux millions d'habitants, 130 communes et six communautés d'agglomérations, qu'elle embarque dans l'aventure, sous le nom fédérateur de Marseille-Provence. Voilà une nouvelle qui n'est pas sans réjouir le collectif Marseille2013, qui regroupe des artistes locaux impliqués aux côtés de la mairie pour soutenir le projet. Sur son blog, la petite équipe explique qu'elle voit dans cette investiture une "formidable occasion de se faire connaître par le nouveau rayonnement de la ville." Le verdict tombé, elle savoure cet aboutissement : "Marseille est aujourd’hui officiellement élue Capitale Culturelle Européenne de la Culture. Cinq ans que nous croyons en ce projet et que nous n’avons cessé d’en parler autour de nous."

Du côté de l'association Marseille-Provence 2013, pour la candidature de Marseille au titre de capitale européenne de la culture, c'est presque l'euphorie. Sandra, membre actif, évoque une "joie innomable". "Tous les mots positifs décrivent notre état" reprend-elle enthousiate."C'est vrai que cette investiture va nous permettre d'avancer, de dynamiser et booster la ville. Parmi tous les projets présentés pour compléter notre dossier, certains ont déjà trouvé leur place dans le programme culturel de la région."

Notre optimiste semble très confiante dans la capacité des organisateurs à les mettre en oeuvre et à apporter la culture à tous les citoyens de Marseille et alentours. "Jusqu'aux provençaux en général, jusqu'à Arles, et même bien d'autres villes. Nous avons déjà commencé à nous battre pour en arriver là, et désormais, nous sommes tous super motivés et stimulés par la bonne nouvelle." Elle conclut, réjouie : "Depuis deux ans, la candidature a insulflé une nouvelle dynamique qui n'est pas prête de s'arrêter !"

Mais rafler le titre, aussi honorifique soit-il, ne suffit pas, une seule bataille est gagnée, encore faut-il se montrer à la hauteur de ses ambitions pour ne pas couler au flop à l'instar de Gêne 2004 ou encore Luxembourg 2007.

Une lutte sans merci
On ne peut que comprendre la déception de Lyon, Bordeaux et Toulouse qui avaient elles-aussi concentré leurs efforts et rivalisé d'immagination pour finir au coude à coude, dans une feu d'artifice de festivités, lors de leurs visites respectives par le comité. Pour s'attirer les faveurs des observateurs, chacune y est allée de son défilé. Celui de Toulouse avait même été couronné d'un concert de Cali. Mais il faut croire que même les 100 000 personnes drainées sur les bords de la Garonne pour la circonstance n'auront pas suffi à convaincre.

Les trois lauréates déçues ne complèteront pas cette année la liste de celles qui ont déjà représenté la France. Depuis la naissance du concept en 1985 initié par Melina Mercouri, ministre grecque de la Culture, Paris en 1989, Avignon en 2000 et Lille en 2004 ont déjà eu cette fierté.

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