Affichage des articles dont le libellé est Economie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Economie. Afficher tous les articles

vendredi 19 septembre 2008

Bouygues passe à l'offensive sur Internet

Le 20 octobre, un nouvel acteur fera son apparition sur le marché de l'ADSL. Bouygues Telecom lancera à cette occasion sa Bbox. Un concurrent de plus en cette période de concentration où Neuf Telecom a été racheté par SFR et Alice par Free.

L'offre ADSL de Bouygues Telecom proposera notamment à ses abonnés de la téléphonie mobile six heures d'appels de leur téléphone fixe vers les mobiles pour dix euros par mois. Une offre inédite sur le marché. Free espèrant décrocher prochainement la quatrième licence de téléphonie mobile, Bouygues s'attache déjà à retenir sa clientèle. Offensif au premier abord, le lancement de cette offre ADSL serait finalement le signe d'une stratégie défensive.


Le retard accumulé face à la concurrence soulève de nombreuses interrogations. Le Fournisseur d'Accès Internet mettra à disposition des offres haut débit limitées à 20 mega alors que Free et Orange continuent d'étendre leur couverture de fibre optique dont le débit devraient froler les 100 mega.Franck Abihssira, le directeur FAI grand public du groupe, reconnaît que tout le monde ne pourra pas bénéficier de cette offre. Seuls « 50% des ménages français et 60% des abonnés Bouygues Telecom » seront en mesure d'y accéder.


Malgré l'arrivée prochaine d'offres dédiées aux entreprises et à la grande distribution, l'opérateur souhaite consolider son panel de clients. Franck Abihssira le confirme : « Nous ne ciblons pas les early adopters, mais en priorité nos 10 millions de clients grand public. » Bouygues se lance dans la grande bataille de l'Internet avec prudence, l'heure de la conquête n'a pas encore sonné.


Laurent MAURICE

Le pétrole repasse la barre des 100 dollars

Le baril de pétrole a vécu une semaine agitée et contradictoire. Après avoir frolé la barre des 90 dollars en début de semaine, le brut est repassé au-dessus des 100 dollars jeudi à New York, entamant vendredi sa troisième journée consécutive de hausse.

Plusieurs facteurs soutiennent artificiellement le prix du baril. Les pays de l'OPEP (l'organisation des pays producteurs de pétrole) ont décidé la semaine dernière de réduire leurs livraisons de 500 000 barils par jour afin de raréfier l'offre. Dans le même temps, la guerre du pétrole au Nigéria, le second producteur africain, menace l'activité des compagnies pétrolières de la région et leurs possibilités d'approvisionnement.

Selon le président de Lipow Oil Associates, Andy Lipow, « les intervenants voient également le pétrole comme un investissement sûr, comme l'or, où placer son argent, parce qu'ils n'aiment pas ce qui se passe sur les marchés actions. » Les investisseurs misent sur cette nouvelle valeur refuge et relancent les cours à la hausse. Le directeur des marchés du pétrole à l'Agence internationale de l'Energie (AIE) admet cependant qu'un « juste prix du pétrole pour les producteurs et les consommateurs se situait autour de 80 dollars le baril. »

7 centimes de plus à la pompe depuis mars

Inquiétés par l'actuelle crise financière et les chiffres inquiétants du chômage aux Etats-Unis, les marchés craignent un ralentissement économique mondial. Malgré une chute du prix du baril de 55 dollars cet été, la consommation de produits pétroliers s'essouffle logiquement. Les Etats-Unis ont connu une baisse de 4,4% sur les quatre dernières semaines.

En France l'impact est encore plus lourd, avec une chute historique de 12,3% de consommation de carburants en août 2008 par rapport à août 2007. L'explication est simple : lors des six derniers mois les prix à la pompe ont progressé en moyenne de 7 centimes d'euros au litre selon Ouest France. Soit une augmentation de 4,20€ pour un plein de 60l.

Interrogé sur cette flambée des prix, Christophe, conducteur de taxi, estime que son budget en carburant représente aujourd'hui « plus du triple » par rapport à ses débuts en 1990. « L'essence me coûte environ 1000€ par mois pour le taxi » regrette ce père de famille inquiet pour ses enfants. Les prix à la pompe atteignent selon lui un seuil jugé « critique ».

Certaines compagnies pétrolières restent cependant optimistes. Dans un communiqué, Total annonce « rester confiant dans ses perspectives de résultats. » A ce titre, une avance de dividendes au titre de l'exercice 2008 sera augmentée de 14%. Quand les automobilistes grimacent, les actionnaires se frottent les mains.

Laurent MAURICE

jeudi 18 septembre 2008

Obama et McCain souhaitent réformer Wall Street


Les deux candidats à la présidence américaine, Barack Obama et John McCain, ont annoncé faire une priorité de la réforme des systèmes de régulation de Wall Street.

Barack Obama déclare vouloir mettre en place une « politique qui offre de la croissance à la fois à l'économie mais aussi aux classes moyennes. L'Amérique ne peut pas se permettre de supporter quatre années de plus ce système en échec. » Le sénateur de l'Illinois propose de « moderniser les règles pour les adapter à l'économie de marché du 21e siècle, des règles qui protégeraient les investisseurs américains et les consommateurs. »

S'il juge « prématuré » de dévoiler quelles seraient ses mesures, Obama vise notamment le secrétariat au Trésor et la Réserve Fédérale qui, selon lui, n'auraient pas les outils pour faire face à l'actuelle crise financière traversée par les Etats-Unis. Wall Street serait au coeur d'une réforme plus profonde, avec un renforcement et une restructuration des autorités de régulation, ainsi qu'une meilleure transparence du marché.


Tous deux veulent restructurer Wall Street


Barack Obama rejette la vision de son rival John McCain, une « philosophie qui affirme qu'il faut donner toujours plus à ceux qui possédent le plus, en espérant que la prospérité finira par rejaillir sur chacun. Un système qui prétend que des régulations raisonnables sont inutiles. »

Dans un discours prononcé à Tampa, en Floride, John McCain a réagi à cette crise en déclarant que « les gens ont le droit de savoir quand leurs emplois, leurs retraites, leurs investissements, et l'économie entière sont mises en péril par l'imprudence de Wall Street. Le gouvernement a une responsabilité claire d'agir pour défendre les intérêts publics. » John McCain assure que s'il est élu président, « il ne tolérera plus cela. Sous son administration, [il tiendra] pour responsable Wall Street, où trop de gens ont oublié ou méprisé les règles de base d'une finance saine. »

Carly Fiorina, la conseillère économique de John McCain, a confirmé que le sénateur de l'Arizona souhaitait lui aussi « consolider et restructurer les agences de régulation » de Wall Street, et leur donner « plus d'autorité et de responsabilité. » Ce chantier serait lancé dès les cent premiers jours du mandat du candidat républicain.

Laurent MAURICE (avec Reuters)

mercredi 17 septembre 2008

Journée noire pour les marchés financiers

La faillite de la banque d'affaires Lehman-Brothers a fait chuter de nombreuses places financières mardi. Dans le sillage des bourses européennes, en baisse dès lundi, les principaux marchés asiatiques ont plongé dès l'ouverture.

Les Echos considérent qu'il s'agit d'un des « week-ends les plus dramatiques de l'histoire de la finance américaine ». Dans un contexte économique difficile et en pleine crise du dollar, Lehman Brothers, la quatrième banque américaine, s'est déclaré en faillite, faute de repreneurs.

Avec 639 milliards d'euros d'actifs, Lehman Brothers représentait pas moins de 4,6% du produit intérieur brut américain. Ses clients sont essentiellement des banques et investisseurs, d'où le risque d'effet domino sur les places financières. Selon Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre français d'étude et de recherche en économie internationale (Cepii), « en cas de liquidation, il y aura un impact sur tous les marchés. »

La situation de l'assureur AIG n'est guère plus rassurante. Le titre a chuté de 60% lundi et plus de 20% mardi, après avoir perdu 90% de sa valeur depuis janvier. AIG espère obtenir 40 milliards de dollars de prêt relais et pourrait vendre des branches d'activité pour éviter le pire. Si la société déclarait à son tour faillite, elle laisserait 74 millions de personne à travers le monde sans assurance. Même inquiétude pour Washington Mutual, la plus grosse caisse d'épargne américaine. Son action a chuté de 27% lundi.

Un conseil, attendre et ne pas vendre

Le Wall Street Journal compare ces événements à un ouragan « de catégorie cinq qui va tester les digues du système financier [américain] ». Les premiers effets ne se sont pas faits attendre. Dès lundi, les bourses européennes ont lourdement chuté. Mardi, le marché asiatique leur a emboité le pas. Moscou a même suspendu ses deux principales cotations pendant une heure, le Micex finissant à -17,45% alors que le RTS n'a pas rouvert après une baisse de 11,5%.

Afin d'éviter de plonger à leur tour, les dix plus grandes banques mondiales ont créé un fonds de secours de 70 milliards de dollars. Les gouvernements n'ont pas trouvé de remède miracle, mais tous ont décidé d'injecter plus de liquidités sur le marché interbancaire. Un outil complexe qui devrait permettre aux banques de contracter de nouveaux emprunts, stabiliser leurs taux d'intérêts et ainsi accorder plus de crédits à leurs clients.

Insuffisant aux yeux de certains spécialistes qui évoquent déjà un remake du krach de 1929. Un quart des ouvriers métallurgistes américains avaient alors été licenciés en trois ans, le chomage avait été multiplié par dix en quatre ans .

Le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, essaie de ne pas céder à la panique : « Une des différences avec 1929 est que nous disposons d'instruments qui ne permettent pas d'éviter la crise mais d'en atténuer les conséquences et d'en corriger les effets. »

Pour les ménages, ces conséquences pourraient être désastreuses. Les taux des crédits ne cessent déjà d'augmenter. Les entreprises touchées limitent voire gèlent les investissements, les salaires, et l'embauche, quand elles ne suppriment pas des emplois. Si la consommation baisse, le taux de chômage pourrait grimper.

La chute libre des cours en bourse menace également les portefeuilles des actionnaires. Pour les petits porteurs, un conseil : ne pas vendre sauf besoin immédiat de liquidités.

Laurent MAURICE